Joutel ressucite au Camp familial de Val-Senneville
Philippe Doherty
Général - Publié le 14 juillet 2009 à 13:10
La simple création d'un groupe Facebook en février dernier aura suscité un tel engouement que les 4 et 5 juillet, environ 300 personnes se sont rassemblées au Camp familial de Val-Senneville pour des retrouvailles, 11 ans après la fermeture définitive du village minier de Joutel.
Ce rassemblement s'est produit grâce à l'initiative d'Édith Lebel, Steven Ouellet et Christine Comeau. «J'ai démarré un groupe Facebook pour les gens qui ont habité à Joutel en février cette année. Le mot s'est passé et en peu de temps, l'idée d'organiser un rassemblement a vu le jour, indique Mme Lebel, 29 ans, qui réside maintenant à Rouyn-Noranda et qui ne s'attendait pas à voir les retrouvailles prendre une telle ampleur.
«Quand on a commencé à organiser tout ça ce printemps, je m'attendais à ce qu'on réunisse une trentaine de personnes. Ça n'a pas pris de temps qu'on avait déjà une centaine de confirmations. Aujourd'hui, on évalue que nous sommes environ 300 personnes présentes au Camp familial», a-t-elle souligné.
Attachement à une ville disparue
De l'avis des gens croisés lors du rassemblement, Joutel a été un merveilleux endroit pour vivre. «On était unis à Joutel. Tout le monde y a passé des moments mémorables. On retient surtout la fraternité entre les individus. Tout le monde ici est content de se revoir», s'est souvenu M. Ouellet.
«Ça s'explique peut-être par le fait que c'est maintenant fermé. À toutes les fois où on croise quelqu'un qui a habité Joutel, on en reparle. On a développé un sentiment d'appartenance très fort», soutient Mme Lebel.
Organisation à la bonne franquette
«Toute l'organisation de ces retrouvailles s'est effectuée sans aucun budget et la promotion de l'événement s'est faite uniquement de bouche à oreille et via Internet», affirme M. Ouellet, âgé de 32 ans, qui est arrivé à Joutel à l'âge de 9 ans et qui a quitté l'endroit à la fin de l'adolescence pour aller poursuivre ses études.
«On s'attendait à ce qu'il y ait beaucoup plus de jeunes présents. Finalement, on s'aperçoit que ce sont les plus vieux qui constituent la majorité de ceux qui ont répondu à l'invitation», constate Mme Lebel.
Rendez-vous dans 10 ans?
Devant le succès remporté par cette première édition des retrouvailles de Joutel, les organisateurs envisagent de peut-être répéter l'expérience. «Il se pourrait bien que l'on réitère l'expérience dans 10 ans. Ça nous donnera le temps d'organiser quelque chose d'encore plus gros. La prochaine fois, on organisera des activités. Cette fois-ci, c'était plus comme une grosse réunion de famille pour donner l'occasion à tout le monde de jaser», explique l'instigatrice des retrouvailles.
Historique
Le village de Joutel a vu le jour en 1964. L'endroit a compté jusqu'à 1200 habitants. Il n'en restait plus qu'environ 200 au moment où il a été rayé de la carte en 1998, après que la mine Selbaie eut décidé de ne plus utiliser le village pour loger ses employés. Trois mines ont fait vivre la municipalité: la mine Poirier (de 1964 à 1975), la mine Agnico-Eagle (de 1974 à 1993) et la mine Selbaie (de 1982 à 2005).
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