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Service ambulancier: l'Abitibi fait figure de parent pauvre


Guy Lacroix

Général - Publié le 5 novembre 2009 à 09:14
Le secteur d'Amos est mal desservi par les services ambulanciers par rapport aux autres villes de la région. Voilà ce qu'affirment des ambulanciers de la caserne amossoise.

Selon Dany Cossette et Valérie Roy, les conditions de travail des ambulanciers du secteur d'Amos doivent être connues de la population car elles affectent la qualité du service. Amos est actuellement la seule ville d'importance en Abitibi à ne pas avoir d'horaire à l'heure et l'employeur se refuserait à payer du temps supplémentaire, ce qui provoquerait la mise à l'arrêt de véhicules occasionnellement.

Actuellement, les employés de la caserne d'Amos travaillent sur un horaire 7/7 et sont la majorité du temps sur appel alors que les horaires dans les autres villes sont faits dans le véhicule. «Même pour un ambulancier qui demeure en ville, ça peut prendre de 10 à 15 minutes pour se rendre à la caserne avant même de partir. En cas de crise cardiaque, à chaque minute, on perd 10% des chances de réanimation», rappelle Valérie Roy.

Amos en otage

Lors des élections du 1er novembre, une seule ambulance était disponible entre 13h et 17h, les deux autres ambulanciers ayant eu quatre heures pour aller voter. La seule ambulance en fonction fut occupée durant presque toute cette période. Par chance, aucune autre urgence ne s'est déclarée. «On ne peut pas croire que parmi les 20 autres employés à temps partiel, il n'y en avait pas un de disponible pour du temps supplémentaire», mentionne Valérie Roy.

Une situation similaire s'est produite dans la nuit du 9 au 10 octobre dernier, alors qu'aucune ambulance n'a été disponible de 2h30 à 8h30, l'employeur devant respecter les heures de repos des employés. «Les situations de fermeture de «trucks» sont de plus en plus nombreuses. On pense que c'est une stratégie. Quand il va arriver quelque chose, ils auront leur troisième ambulance. Amos est prise en otage dans ce dossier», estime Dany Cossette.

Les enfants pauvres du Québec

Propriétaire des Ambulances Abitémis, André Vézeau ne mâche pas ses mots pour résumer la situation. «L'Abitibi, c'est l'enfant pauvre du Québec pour ce qui est du service ambulancier. On a deux ambulances à Amos et ils reçoivent des milliers d'appels par année. On leur fait faire 16h et ils deviennent brûlés. Alors on doit fermer les «trucks» pour huit heures. C'est affreux», déplore-t-il.

Quant au temps supplémentaire, le propriétaire soutient que son budget annuel est déjà dépassé depuis avril et que malgré les affirmations des ambulanciers, il est difficile d'en trouver qui sont disponibles pour faire du surtemps. Il approuve tout de même les démarches des employés d'Amos pour faire bouger les choses.

Au moment d'écrire ces lignes, les moyens de pression des ambulanciers n'étaient toujours pas connus de l'Agence de la santé, mais la situation, oui. «Nous maintenons avoir présenté ce secteur au ministère comme étant une priorité. On travaille pour améliorer les services. Pour l'instant, on n'a pas les moyens de faire autrement», soutient Denise Stewart, chef du service des communications et de la qualité.




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