900 $ pour un 2 1/2
Philippe Doherty
Général - Publié le 6 mai 2009 à 09:06
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La crise du logement provoque entre autres un arrêt de la rénovation des loyers locatifs, ce qui fait que le parc immobilier subit graduellement une dégradation.
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Le coût moyen des logements à Val-d'Or a augmenté en flèche au cours des dernières années, alors que plusieurs de ces loyers auraient besoin de réparations ou de rénovations. Cette situation permet de penser que certains propriétaires abusent de la crise du logement qui sévit actuellement dans la Vallée-de-l'Or.
C'est ce que révèle l'étude réalisée par Stéphane Grenier, professeur et responsable de la maîtrise en travail social à l'UQAT, et Stéphanie Morin, étudiante en travail social à l'UQAT, pour le compte de l'organisme Val-d'Or ville en santé (VVS). Les résultats de cette étude ont été dévoilés le 27 avril, lors d'un Forum sur le logement à l'UQAT campus de Val-d'Or.
Selon l'étude, la crise provoque entre autres un arrêt de la rénovation des loyers locatifs, ce qui fait que le parc immobilier subit graduellement une dégradation.
La facilité à louer leur loyer amène un certain nombre de propriétaires à négliger d'y effectuer des travaux de rénovation ou de réparation.
900 $ pour un 2 1/2
Aussi, la crise entraîne une augmentation des coûts mensuels de location. «À Val-d'Or, le coût des loyers a augmenté de 6,8% depuis le début de la crise. Pour établir cette augmentation, nous n'avons même pas tenu compte des hausses exagérées, même illégales, que nous avons vu durant l'étude», affirme M. Grenier.
«Nous avons vu des loyers de deux pièces et demie annoncés à 900 $ par mois. C'est abusif», illustre Mme Morin.
«On peut considérer qu'il y a une crise du logement lorsque la proportion de logements disponibles se trouve en deçà de 3%. Or, actuellement à Val-d'Or, la moyenne indique qu'il n'y aurait que deux logements libres sur 1000», indique M. Grenier.
Conséquences
«Toutes ces révélations nous permettent d'envisager que la crise aura une incidence sur le développement socioéconomique de la ville. On constate déjà une augmentation de la prostitution, des modes de cohabitation toxique (nombre d'occupants dépassant la capacité du logement), ainsi que des squats (abris de fortune extérieur) et du flânage public. On voit aussi le début d'un exode des familles du centre-ville vers les quartiers périphériques», ajoute M. Grenier.
Quatorze personnes bénéficient quotidiennement d'hébergement d'urgence à Val-d'Or. Ces statistiques ont été recueillies par La Piaule de Val-d'Or, organisme venant en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de dépendance. «Ce nombre peut paraître faible à première vue. Pourtant, si on le met en proportion avec les populations de l'île de Montréal ou du Montréal métropolitain, cela voudrait dire que 706 personnes auraient besoin d'un hébergement d'urgence par jour (île de Montréal) ou 1584 personnes auraient besoin d'un tel service quotidien pour le Montréal métropolitain», stipule l'étude Grenier-Morin.
Construction de logements sociaux
D'après les résultats de l'étude, «la seule solution possible réside dans la construction de logements sociaux pour la population la plus démunie de Val-d'Or». Ce faisant, les gens dans le besoin obtiendraient l'aide nécessaire pour régulariser leur situation. On remarque que plusieurs personnes à faible revenu consacrent plus de 30 % de leur revenu mensuel pour se loger, ce qui est une part trop importante de leur budget.
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